Un jour, alors que j’avais cinq ans, ma soeur a reçu pour son anniversaire un Amstrad CPC464. C’était pour ainsi dire le premier ordinateur qu’on ait eu. Malheureusement pour ma soeur, je ne lui ai pas laissé longtemps.
Au début, j’aimais bien jouer avec. Et puis rapidement, j’ai eu envie d’écrire mes propres programmes. J’ai commencé à lire les codes sources glanés ça et là dans les revues spécialisées, comme Cent Pour Cent. Et j’ai fais mes propres programmes.
J’ai eu ensuite un CPC6128, à l’heure où les machines les plus puissantes étaient des Pentium 133. J’avais quelques générations de retard sur le plan technique, mais je me suis toujours tenu au courant via la presse.
Si, aux débuts d’Internet, je me contentais d’un cyber-café, j’ai rapidement eu envie d’avoir ma propre connexion Internet, et par la même occasion, un « vrai » PC. Je l’ai eu pour mes 18 ans, c’était un Pentium 4 1.5GHz.
Initialement, je m’étais fixé pour rôle d’aider les gens. Parce que je m’étais fais la main sur plein de machines différentes, et sur plein de logiciels différents. Alors j’ai joint un salon de discussion sur MSN Chat. Salon que j’ai ensuite quitté pour former le miens, et en faire l’un des salons les plus consultés des pays francophones.
Ce premier contact avec le « chat » m’a incité à me détacher de MSN, et d’avoir mon propre serveur. J’étais encore ignorant à l’époque, et je défendais l’indéfendable : mon serveur serait sous Windows. Pas parce que je n’aimais pas GNU/Linux, mais parce que je ne le maîtrisais pas.
J’ai bien fais quelques tentatives, histoire de me faire la main, et puis j’ai un peu laissé tomber. Pendant deux ou trois ans, j’ai supprimé mon serveur, et j’ai joué sur Internet.
Et puis je me suis relancé là dedans. J’ai enfin installé mon propre serveur sous Debian GNU/Linux. Et puis je me suis dis que je pouvais bien aussi passer ma propre machine sous Debian GNU/Linux. Et depuis, elle ne m’a plus quitté.
J’ai eu des dizaines d’ordinateurs, des téléphones, des télévisions, des platines DVD en réseau, des tablettes. J’ai eu à peu près tout ce qu’aiment les geeks, mais comme je ne connaissais personne, j’ignorais qu’il y avait des gens comme moi. Jusqu’au jour où j’en ai enfin rencontré.
J’en ai appris plus sur les geeks et les nerds, et sur le Libre, Stallman, et sa philosophie. J’adhérais de plus en plus à tous ces principes. Jusqu’au jour où j’ai pu lire sa biographie, et là, mon monde a changé.
D’une philosophie que je voyais de loin, je m’en suis imprégné, et finalement, chose étonnante pour moi, je suis rentré dans un moule. Mes convictions se sont renforcées, le but de ma vie s’est éclairé : je veux promouvoir le Libre, la liberté, et pas que dans le domaine de l’informatique. Au point que j’ai le sentiment que tout ce que j’ai vécu dans ma vie, les bonnes et les mauvaises choses, m’ont conduit là aujourd’hui. Tout a été pour moi en ce sens, tout s’est déroulé comme un film où on ne comprend rien, jusqu’à la fin où éclate le vrai sens de l’histoire.
A l’école, j’étais bon élève. Trop bon, puisqu’on m’envoyait plus souvent à la bibliothèque qu’en classe parce que je ne laissais pas mes camarades répondre aux questions. Je m’ennuyais. Pourtant je n’ai pas sauté de classe. Et je n’ai pas eu mon BAC non plus. J’avais le sentiment que j’aurai plus de mérite à réussir sans ce diplôme. Ce qui ne m’a pas empêché de passer deux examens diplômant, respectivement d’Analyste Programmeur et de Développeur NTIC (Bac+3). Juste histoire d’avoir quelque chose à montrer aux employeurs. J’ai aussi fais l’École Ouverte Francophone.
J’ai créé mon entreprise, dans un petit village peu informatisé. J’ai eu quelques clients, mais j’avais surtout de la concurrence bien en place dans le patelin voisin. J’ai fermé peu de temps après, mais je ne considère pas cela comme un échec, parce que je n’ai rien perdu, seulement gagné : j’ai gagné en culture personnelle. J’ai fais une chose de plus dans ma vie, qui vient s’ajouter aux très nombreuses autres choses que j’ai connu.
Côté professionnel, j’ai connu de tout. Du mauvais, du pire, un peu de bon. Rien d’extraordinaire, rien qui ne me donne envie d’y retourner non plus.
Aujourd’hui (février 2012) je suis sans emploi. Mais je ne considère pas cela non plus comme un échec. J’ai du temps pour me consacrer à ce qui a vraiment de l’importance : ma femme et mes enfants (quatre chats, deux souris et un lapin), et surtout le Libre, comme en témoignent mes résolutions pour cette année.
Je ne peux pas écrire une rubrique « À propos » relative à ce qui va se passer dans mon futur. Mais je peux vous dire ce que j’en attends. À savoir le fait que j’intègre une association militant pour le Libre, réaliser des conférences sur le sujet, avoir lancé un Logiciel Libre qui dispose d’une bonne communauté d’utilisateurs et de contributeurs. J’aspire à me faire connaître, à ce que mon nom soit connu. Qu’un jour, quelqu’un me croise dans la rue et me fasse : « Excusez-moi, vous êtes bien Jimmy Rudolf ? ». En tout cas, j’y travaille.
Je suis quelqu’un d’ouvert. Je serai ravi de correspondre avec vous, alors n’hésitez pas à me contacter.
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