J’encense le Libre sur ingnu, vous vous en êtes aperçus. Malheureusement, parmi les Logiciels Libres, il en existe quelques uns dont certains éléments ne méritent pas l’appellation « Libre », alors qu’ils sont prétendus comme tels. D’autres logiciels sont réellement libres, mais gérés par des entreprises qui ne sont pas réputées pour fournir le code source de leurs applications.
Cela m’amène avant toute chose à la définition des forks. On réalise le fork d’une application Libre lorsque l’on récupère les sources les plus récentes de cette application, pour en créer une nouvelle, indépendante de l’application d’origine. Cela peut paraître un aspect sournois du Logiciel Libre, pourtant, les forks sont vitaux dans certains cas.
Je le concède volontiers, pour faire le tri, il faut connaître, faire de la veille, et tout le monde n’a pas forcément le temps ni l’envie de le faire. Et puis il y a les effets de mode, ou l’aura d’une entreprise qui peuvent pousser les gens à faire de mauvais choix. Et puis, parfois, il n’y a pas le choix.
Bref, reprenons le cas des forks. L’un des plus récents est aussi l’un des plus célèbres, il s’agit de LibreOffice, fork d’OpenOffice. Quand je dis qu’il faut connaître et faire de la veille (se tenir au jus quoi), c’est un bon exemple. Pour comprendre, il faut remonter aux origines des suites bureautiques.
À cette époque, en 1999, Sun Microsystems rachète StarDivision, qui développait StarOffice, logiciel privateur. L’année d’après, Sun libéra le code source de StarOffice, qui deviendra OpenOffice. Le code source ainsi rendu disponible l’était sous la licence LGPL, ce qui autorisait Sun à intégrer des modules « propriétaires », sans en dévoiler le code source donc.
Sun s’est fait racheter en 2010 par Oracle, qui ne brille pas par ses publications Libres. Certains prennent peur à l’idée qu’Oracle puisse du jour au lendemain changer les termes de la licence régissant le code d’OpenOffice, récupèrent les dernières sources disponibles, et fondent The Document Foundation. Entre temps, Oracle a refourgué OpenOffice à la fondation Apache (qui elle réalise du Logiciel Libre), ce qui a provoqué un ralentissement de son développement, permettant par là même l’essor de LibreOffice.
LibreOffice a donc été créé pour rester Libre, comme son nom l’indique.
Parmi les autres logiciels « Libres » que je déconseille, je citerai en premier lieu Google Chrome. Au même titre que 70% de parts de marché étaient dangereuses lorsqu’elles étaient occupées par Microsoft, les parts de marché que phagocyte Google devraient commencer à sérieusement alarmer les défenseurs de la liberté sur Internet.
Pendant quelques années, il n’y avait, pour ainsi dire, que deux concurrents : Microsoft avec Internet Explorer, et Mozilla avec Firefox (dont je vais aborder la question plus loin). L’arrivée d’une autre alternative est une bonne chose en soi, mais pas de cette façon. Google est déjà leader sur trop de marchés sur Internet pour lui laisser celui-là encore.
C’est peut être très subjectif, mais en plus de ça, Google Chrome n’est pas spécialement un bon navigateur. Ses options sont limitées, son interface est épurée (c’est le style de Google me direz vous), ses possibilités de personnalisation sont presque inexistantes. Et pourtant, de plus en plus de monde s’en sert.
Je rajouterai que quand on est Google et qu’on publie un Logiciel Libre, rien ne nous empêche de ne pas intégrer les modifications de la communauté au coeur du navigateur. Je veux bien que la plupart des extensions soient signées par des gens extérieurs à Google, mais qu’en est-il du navigateur lui-même ? Et puis, tous les éléments du navigateur sont-ils libres ?
Car, par exemple, c’est le problème affectant Firefox. Vendu comme étant Libre par Mozilla, il n’en reste pas moins que le nom et le logo sont des marques déposées, ce qui fait tâche au milieu d’une licence GNU GPL. D’ailleurs, c’est quoi cette manie de mélanger les licences GNU GPL, MPL, BSD et ses propres licences maison au sein du même logiciel ? Quand on fait du Logiciel Libre, on le fait de bout en bout, avec la même licence partout ! Je suis bien curieux de savoir quelle est LA fonctionnalité intégrée au sein de ces applications qui requiert une licence exotique parce qu’aucune implémentation n’existe sous GNU GPL. Mais j’aborderai ce problème dans un autre article qui est déjà en prévision depuis quelques jours. Pour en revenir à Firefox (et du coup, aux forks), je recommande l’usage de Iceweasel, clone parfait de firefox, sans ce logo et cette marque déposée.
Plus grave qu’un logo ou une marque déposée, l’intégration volontaire et affichée de logiciels privateurs au sein d’une distribution GNU/Linux. Je recommande donc (même si ce n’est plus vraiment nécessaire vu qu’elle se casse la gueule depuis quelques temps déjà) l’abandon de la distribution Ubuntu et toutes ses dérivées. Il existe suffisamment de distributions véritablement Libres (debian !). Je signale au passage l’existence du paquet vrms pour debian (et d’autres distros sûrement), qui liste les logiciels privatifs installés sur votre machine. Pour info, la sortie de la commande sur ma machine donne :
[08:49:50] cerbere [root] (~) $ vrms
No non-free or contrib packages installed on cerbere! rms would be proud.
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2 pings
Aller plus loin avec le Libre » Ingnu
11 janvier 2012 à 3 h 45 min (UTC 1)
[...] « Pourquoi ne pas utiliser certains logiciels « Libres » [...]
C’est pas Libre, mais c’est ce qu’il y a de mieux » Ingnu
22 février 2012 à 14 h 57 min (UTC 1)
[...] ou impossible à se procurer chez nous. Il se peut même que le Logiciel Libre en question n’est pas si Libre que ça… Bref, il y a des situations où on doit ou préfère encore utiliser des logiciels [...]